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Architecture potentielle de la Grande Structure Abandonnée (GSA) - Catégorisation et projection.

Thèse préparée par Tiphaine Abenia

  • École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (TESC)
  • cotutelle avec l'Université de Montréal, Québec
  • Financement : Contrat doctoral du Ministère de la culture (2013-2016)
  • Soutenue le 9 juin 2019, durée 68 mois.

Jury de thèse

  • Daniel Estevez, professeur à l’ENSA Toulouse (co-directeur)
  • Jean-Pierre Chupin, professeur à l’Université de Montréal (co-directeur)
  • Dominique Rouillard, professeur à l’ENSA Paris Malaquais (rapporteur)
  • Dieter Dietz, professeur associé à l’EPFL (rapporteur)
  • Pierre Boudon, professeur émérite de l’Université de Montréal (examinateur)
  • Isabelle Alzieu, professeur à l’Université Toulouse-Jean Jaurès (examinateur)

Encadrement

Thèse réalisée en cotutelle avec le Canada :

  • Directeur de thèse français (ENSA - Toulouse) : Daniel Estevez
  • Directeur de thèse canadien (Université de Montréal - Faculté d'aménagement) : Jean-Pierre Chupin

Années universitaires 1 et 3 : France, Années universitaires 2 et 4 : Canada.

Planning des déplacements hors laboratoire

  • Paris, France : janvier 2014, avril 2014
  • Buenos Aires, Argentine : mars-avril 2013, juin-juillet 2014
  • Montréal, Canada : août 2014-août 2015

Résumé

Cette thèse porte sur un phénomène contemporain situé à la frontière entre architecture et urbanisme : celui de la Grande Structure Abandonnée (GSA). Cette notion rassemble une hétérogénéité de situations construites de grande taille accusant une durée d’abandon supérieure à une décennie. La problématique soulevée par notre recherche questionne le champ de la conception en architecture à partir de la GSA comme objet théorique. Entre résistances et ressources, quels potentiels pour la conception architecturale contemporaine la GSA présente-t-elle ? Quels écarts naissent de la confrontation entre GSA et modes conventionnels d’intervention et de représentation en architecture ?

La thèse se développe en deux temps : les trois premiers chapitres s’attachent à définir le phénomène de la GSA via des opérations d’inventaire, de description et de classement. Face aux limites présentées par les cadres classificatoires conventionnels en architecture, les trois derniers chapitres opèrent un déplacement des cadres d’analyse : d’une classification de ce qu’est la GSA (propriétés), il est alors question d’interroger ce que la GSA fait ou peut faire (capacités potentielles).

À partir de la construction d’un Atlas de 103 structures, la recherche s’attache tout d’abord à une description de la GSA agencée autour des caractères hérités du projet originel de la structure (sens premier), des caractères amenés par l’abandon (perte de sens) et de ceux attachés aux projections contemporaines entourant la GSA (renouveau du sens). Ces descriptions permettent d’alimenter l’analyse conjointe des résistances et des ressources (tant physiques, que pragmatiques et épistémologiques) oeuvrant au sein de la GSA. Le couple (Résistances-Ressources) n’est alors plus appréhendé dans une opposition binaire, mais comme un phénomène jumeau (Van Eyck, 1960). La prise en compte de cette dialectique permet d’accéder à une anticipation sur le devenir de 72 des 103 GSA étudiées. Cinq territoires conventionnels de reclassement sont identifiés (démolition, réhabilitation, patrimonialisation, tourisme, ruine), ils ne permettent cependant pas de recouvrir l’entièreté du phénomène. La modélisation laisse 31 GSA dans une zone d’indétermination classificatoire, résistant aux modes d’anticipation convergents. Qu’est-ce qui, chez ces structures, échappe aux modes conventionnels de connaissance et d’intervention en architecture ?

Comme voie de réponse à cette question, la recherche pose l’hypothèse de la GSA comme « phénomène liminal » (Van Gennep, 1909). L’attention est alors portée sur les caractères alimentant la condition d’entre-deux de ces structures (inachèvement, ambiguïté constructive, dimension mythique, scénarios conflictuels, dynamiques informelles). Celle-ci permet de montrer les limites présentées par les filtres fonctionnels, formels et stylistiques conventionnellement employés en architecture et d’ouvrir la recherche sur des modes d’agencement interprétatifs plus ouverts et indéterminés. Les trois derniers chapitres de la thèse opèrent ainsi un déplacement de la propriété vers le potentiel de la GSA. Les nombreux scénarios gravitant autour de la GSA servent alors de matière d’analyse permettant d’accéder à ces potentiels. Une étude de cas in situ, menée dans l’une des structures étudiées (El Elefante Blanco de Buenos Aires), sert de fil rouge à une enquête sur les catégories de potentiel de la GSA. Cinq catégories sont extraites : 1. Gisement, 2. Épiderme augmenté, 3. Mégastructure 2.0, 4. Rhizome et 5. Anti-monument, auxquelles répondent des stratégies de conception propres. Ces catégories placent la GSA au croisement d’enjeux constructifs, écologiques, sociaux et politiques.

Mots-clés

Structure, conception architecturale, abandon, catégorisation, potentiel