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DISPERSION

Analyse des disparités de résultats des analyses des impacts environnementaux de produits de construction.

Objet scientifique

Etude de la dispersion des impacts environnementaux de produits de construction exprimés dans des FDES (Fiches de Déclaration Environnementales et Sanitaires) ainsi que dans des bases de données étrangères.

L’estimation des impacts environnementaux de produits de construction fait aujourd’hui en France l’objet de débats techniques mais aussi passionnels. Ceci complique à la fois le dialogue entre les différents acteurs qui œuvrent dans la QEB (Qualité Environnementale des Bâtiments) ainsi que l’appréhension de cette problématique par les maitres d’ouvrages, les équipes de maitrise d’œuvre et les occupants des bâtiments.  
La difficulté de mise en place d’un consensus dans ce domaine provient de plusieurs facteurs :

  1. une concurrence entre producteurs de matériaux qui s’appuie encore marginalement sur un argumentaire environnemental mais dont on peu sentir la montée en puissance ;
  2. la difficulté à mettre en évidence une relation nette entre impacts environnementaux et degré de transformation des produits et matières premières qui sont parfois déconcertante; 
  3. une  hétérogénéité  internationale  des  estimations  d’impacts  environnementaux  de  produits  similaires liée essentiellement à des différences: 
    • méthodologiques;  
    • de périmètre de l’ICV (Inventaire du Cycle de Vie) 
  4. une grande difficulté à connaître les hypothèses prises par les fabricants lors de l’estimation des impacts de leurs produits ; 
  5. des problématiques particulières aux FDES collectives (réalisées par un syndicat représentant plusieurs producteurs).

 

Partenariat

  • LRA (Laboratoire de Recherche en Architecture)
  • CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment)

 

Financement

Ce projet de recherche est financé par la DHUP (Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages) qui appartient au Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.

Période de réalisation

2011-201

Limites de l’étude 

Les principales limites de cette étude sont les suivantes : 

  1. limites concernant la mise à disposition des rapports méthodologiques des FDES et des ICV décomposés parsous-étapes de la phase de production. Sans cette information, il a été difficile d’expliquer avec certitude les écarts mis en évidence entre les FDES et les données Ecoinvent. 
  2. limites sur les comparaisons de produits pour une même unité fonctionnelle. Dans le cadre de ce projet, nous avons choisi de ramener les UF des FDES sur une même base (kg, m3) pour pouvoir comparer différents pro-duits au sein d’une même catégorie (p. ex. produits bois). Il faut garder à l’esprit que ce choix était uniquement à but statistique par rapport aux données génériques de la base Ecoinvent (systématiquement exprimée par kg de produit).  
  3. limites concernant les catégories d’impacts étudiées. Nous nous sommes intéressés prioritairement aux indicateurs  d’énergie  primaire,  de  changement  climatique  et  de  consommation  d’eau.  Cependant,  il  serait  utile d’étendre l’analyse à d’autres indicateurs (p. ex. ceux de la nouvelle norme EN 15804 sur les déclarations environnementales de produits de construction).

 
Conclusions :

Cette étude a permis de contribuer à une meilleure compréhension de la variabilité des impacts des FDES pour les produits en plaques de plâtre, laine de verre, bois et béton. Elle a également permis de mieux cerner les différences entre FDES collectives (ou données génériques) vs. FDES ou données spécifiques. La comparaison avec les données Ecoinvent a montré dans certains cas la proximité des résultats (écarts compris entre 0 et 20% avec des données françaises parfois supérieures ou inférieures en fonction de l’indicateur étudié). Dans certain cas, les
écarts peuvent être  plus importants (ex. consommation d’eau pour le béton) ce qui rappelle la sensibilité des indicateurs aux choix méthodologiques et à la représentativité des données ACV (p.ex. entre la France et la Suisse).

Perspectives:

Un travail d’étude de la dispersion des valeurs d’impacts reste à conduire pour les différents contributeurs produits/composants  d’un  bâtiment.  Il  permettrait  de  mieux  comprendre  la  variabilité  des impacts  à  l’échelle  du produit et de la relier aux valeurs statistiques de contribution de ces produits à l’impact environnemental d’un bâtiment p. ex. celles disponibles dans le cadre du projet HQE Performance. En effet, un produit peut avoir un impact très variable mais une sensibilité faible à l’échelle de l’ouvrage (et inversement).  
Par ailleurs, à l’échelle « bâtiment », l’influence des durées de vie des produits peut également être déterminante du fait des taux de remplacements liés à la durée de vie typique des matériaux (p. ex. 50 ans ou 100 ans). Dans ce domaine, un travail similaire à celui déjà réalisé sur les données d’impacts (objet du projet DISPERSION) reste à mener.
Enfin, il serait utile d’approfondir les modes de calcul des FDES collectives et leurs incidences sur l’incertitude et la représentativité de la donnée. Actuellement, aucune information ne permet de savoir quelle est la dispersion des valeurs d’impacts d’une donnée moyenne de fabricants. Il serait utile de disposer dans ce domaine d’une plus grande visibilité sur l’échantillon statistique sous-jacent et de disposer d’une « cartographie » des valeurs relevées pour chacun des impacts. Ceci permettrait d’apprécier l’amplitude de l’intervalle de confiance de la valeur « moyenne » retenue et éventuellement de mettre en évidence des différences liées aux process de fabrication, de transport ou de mise en œuvre de produits identiques.
La mise en place de l’arrêté règlementaire sur les déclarations environnementales de produits, accompagné de règles  plus  précises  sur  les  FDES  collectives  permettra  certainement  d’améliorer  le  cadre  de  validité  de  ces fiches. Il serait utile de rendre plus systématique la communication des rapports détaillés associés au FDES.
Les données d’ICV recueillies en France dans le cadre de la réalisation de FDES pourraient enrichir utilement la base de données Ecoinvent et en renforcer ainsi à la robustesse. Ceci pourrait faciliter la comparaison d’ACV menées dans différents contextes, accroitre la transparence des sources de données utilisées et contribuer à réaliser des ACV plus robustes.

Implications

LRA

CSTB

  • Jacques Chevalier
  • Sébastien Lasvaux

 

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