Théories et dispositifs de la restauration des monuments en Algérie coloniale (1830 - 1962)
Thèse préparée par Amel Benguedda
- École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (TESC)
- Date de la première inscription en doctorat : 1er octobre 2018
- Financement : 2018 - 2019 Allocations doctorales du Ministère de la Culture, 2019-2020 Bourse PROFAS+ coopération franco-algérienne
- Soutenance prévue le: vendredi 21 novembre 2025 à 13h30, à l'ENSA Toulouse, Atelier L.
| M. Rémi PAPILLAULT | Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse | Directeur de thèse |
| Mme Laurence GILLOT | Université Paris Cité | Rapporteure |
| Mme Marie-Luce PUJALTE-FRAYSSE | Université de Poitiers | Rapporteure |
| M. Philippe DUFIEUX | École nationale supérieure d’architecture de Lyon | Examinateur |
| M. Nicolas MEYNEN | Université Toulouse - Jean Jaurès | Examinateur |
| Mme Caterina GIANNATTASIO | Università degli Studi di Cagliari | Examinatrice |
Résumé
La pratique questionnée tout au long de cette thèse est celle de la restauration monumentale, en prenant en compte l’ensemble de l’histoire du patrimoine en Algérie coloniale entre 1830 et 1962, afin d’éclairer les choix qui ont orienté les partis de la restauration des monuments de ce territoire. En métropole, l’évolution des opérations de restauration menées aux XIXe et XXe siècles s’est développée parallèlement à la reconnaissance du « Monument historique », à la professionnalisation des métiers concernés, à la structuration des services compétents, ainsi qu’à la promulgation de textes législatifs et réglementaires. L’Algérie coloniale, quant à elle, a été le théâtre du transfert et de l’application de règlements administratifs – conformes aux intérêts de la colonisation – qui ont défini des conditions spécifiques dans lesquelles les opérations de restauration ont été conduites. Bien que considérée comme française, l’Algérie est alors perçue et administrée comme un « cas à part ». L’attention portée aux pratiques de restauration menées dans des contextes temporels et matériels complexes conduit à interroger les conditions d’émergence, puis de consolidation, d’une véritable pratique de la restauration appliquée aux monuments en Algérie, avant comme après leur classement au titre des Monuments historiques. Notre thèse s’organise en trois temps : une première période, empirique (1830-1880), marquée par les destructions, les réemplois et les premières opérations de réparation ; une deuxième période, doctrinale (1880-1930), où se mettent en place des méthodes plus rigoureuses, sous l’influence des principes de la restauration méthodique et des premiers cadres réglementaires ; enfin, une troisième période, tourmentée (1930-1962), qui voit se multiplier de profondes remises en question méthodologiques ainsi que des mutations institutionnelles majeures. C’est également le moment où l’archéologie connaît un essor considérable, notamment dans sa dimension monumentale : les analyses architecturales se doublent de fouilles archéologiques complexes, et le monument cesse d’être considéré isolément pour être appréhendé comme un témoin inscrit dans son territoire. À partir des dossiers publics, des correspondances officielles et privées des administrations, ainsi que des rapports des commissions, cette recherche vise à proposer une réflexion sur le contenu des archives en tant que dispositif de gouvernance coloniale. Les archives sont exploitées afin d’analyser les idéologies à l’œuvre et d’examiner le champ lexical au sein duquel s’inscrivent le terme et le concept de restauration, dans le but de révéler les théories et doctrines qui ont guidé les interventions sur les monuments en Algérie. L’étude porte également, toujours à partir des sources archivistiques, sur plusieurs chantiers emblématiques tels que la restauration des mosquées ou encore les travaux menés sur des sites antiques. Ces cas permettent de confronter les intentions patrimoniales affichées par les autorités coloniales aux réalités administratives, techniques et idéologiques que révèlent les documents.
Summary
This research examines the practice of monumental restoration in colonial Algeria (1830–1962), situating it within the broader history of heritage management in order to shed light on the choices that shaped restoration policies. While in metropolitan France restoration developed alongside the recognition of the “historic monument,” the professionalization of the field, the organization of specialized services, and the enactment of legal frameworks, in Algeria restoration was conducted under specific administrative conditions tied to colonial interests. Although considered part of France, Algeria was governed as a distinct case. The study identifies three main phases: an empirical phase (1830–1880) characterized by destruction, reuse, and early repairs; a doctrinal phase (1880–1930) influenced by methodological principles and regulatory frameworks; and a turbulent phase (1930–1962) marked by methodological debates, institutional changes, and the growing importance of archaeology, where monuments came to be understood within their territorial context. Architectural drawings on public records, official and private correspondence, and commission reports, this research explores archives as instruments of colonial governance. It examines the language of restoration to uncover the theories and doctrines guiding interventions, and analyzes emblematic case studies such as the restoration of mosques and work on ancient sites. These examples highlight the gap between colonial heritage discourse and the administrative, technical, and ideological realities revealed in the archival sources.
Mots-clefs
Colonisation,restauration,patrimoine,archéologie
Keywords
colonisation,restoration,historic heritage,archeology
Encadrement
- Directeur(trice) de thèse : PAPILLAULT Rémi, professeur, ENSA Toulouse
Comité de suivi de thèse
Planning des déplacements hors laboratoire
- Communication orale présenté pour le colloque Architectural Heritage : Science, Issues and Prospects, RIPAM : International Meetings of Mediterranean Architectural Heritage, Maroc - Rabat : 20 - 22 Novembre 2019
Liens divers
- Lien thèse sur site «Theses.fr»
